ou 60 jours. Cela sonne comme un délai de réflexion ou de rétractation. Sauf que dans ce contexte, ni réflexion ni rétractation. Décision ferme et définitive. Deux mois pour réaliser que oui, mon mari et mes enfants ont besoin de moi, les entreprises beaucoup moins apparemment. Deux mois que je ne travaille plus, enfin... au sens entendu par la société. Plus de lever à 6h20, pour attraper le train de 7h40. Plus de marche entre la gare et le boulot, à voir des hérissons, des canards ou de sinistres crétins à vélo. Plus de petit message skype à 11h40 pour demander qui déjeune, fini la consultation sur transilien.com vers 16h00 pour vérifier que le RER C fonctionne bien et que je pourrai récupérer les enfants à l'heure.

Deux mois pour trouver une organisation qui me rend chaque soir heureuse et satisfaite de ce que j'ai fait, même si ce sont de tous petits pas. 60 jours pour ne plus culpabiliser de prendre une matinée pour aller au musée, d'aller déjeuner avec d'anciens collègues, de prendre le bus au lieu du métro car enfin c'est beaucoup plus agréable même si c'est beaucoup plus long ou bien tout simplement de lire la biographie de Joseph Kessel de 900 pages sur le canapé avec une bonne tasse de thé.

Deux mois aussi de patience de mon cher mari qui a du me motiver, me rassurer, m'encourager, me faire rire aussi. 60 jours de sourires de mes garçons, de bisous et de calins, de dessins et de jeux pour penser à autre chose et oublier ce très fort sentiment d'inutilité qui vous prend aux tripes parfois.

Deux mois durant lesquels j'ai passé et eu mon code, pris mes 15 première heures de conduite, à moi le périphérique, la place de l'étoile ou la porte Maillot, fait mon bilan professionnel avec le cabinet Altédia, eu mon premier rendez-vous chez Pôle Emploi, accompagné Paul au mini-tennis avec sa classe ou à l'hopital pour son bras cassé, lu des histoires à la classe de Joseph, acheté ma tenue de running (pas encore étrennée, il faut bien en laisser pour la prochaine fois !).

"Ne crains pas d'avancer lentement, crains seulement de t'arrêter."
Proverbe chinois