... ce que je vis au quotidien dans ma recherche d'emploi, ou plus exactement dans ma transition professionnelle, puisque c'est ainsi qu'il faut que j'appelle cette période de recherche dans laquelle je suis accompagnée par un cabinet d'outplacement.

La phrase de titre est extraite d'un documentaire intitulé La lutte des cadres réalisé par Stéphanie Frachond et Jean-Yves Cauchard, diffusé sur France 5 la semaine dernière. Il sera rediffusé le vendredi 6 février à 00h55 pour les courageux.

On y suit trois cadres qui ont eu la "chance" de bénéficier de cet accompagnement (seuls 5% des cadres en recherche d'emploi y ont droit). En rendez-vous avec leur consultant, en ateliers ou tournoi de golf, ils apprennent d'abord à faire le deuil de leur ancien emploi, des conditions de travail ou du respect qu'ils recevaient pour ensuite reprendre confiance en eux et agir.

Et comprendre que ce qu'il faut c'est un retour à l'emploi rapidement, au risque d'y perdre financièrement ou de ne se pas se retrouver là on aurait voulu être. Que pour cela, il n'y a pas de mystère, il faut faire marcher son réseau à 300%. Qu'il faut "valoriser son expression visuelle". Que l'important n'est plus le savoir-faire mais le faire savoir. Qu'il vaut mieux être stratège que loyal. Les mots sont forts, mais si près de la dure réalité.

L'un des consultants dit à son candidat "chaque jour, vous devez prendre 20 minutes pour répondre à la question suivante : qu'ai-je fait aujourd'hui pour faire savoir ce que j'ai fait et à qui ?". Quand on sait que 80% des postes pour les cadres sont sur le marché caché, c'est-à-dire pas publiés par annonce, il n'y a plus qu'à se retrousser les manches et aller toquer un peu partout. En ayant quand même ciblé un minimum les entreprises pour ne pas se perdre.

Le constat c'est qu'en moyenne un cadre accompagné retrouve en 8 mois là où seul, il va plutôt mettre 13 mois. Les trois protagonistes du documentaire retrouvent. Pas le narrateur. Il a 59 ans. C'est hélas un autre problème, ce qu'ils appellent la "grande séniorité" !

Bref, c'est du boulot, surtout quand il faut se vendre, et qu'on entre là dans sa zone d'effort ! Mais je pense que c'est seulement à ce prix là que je pourrai effectivement retrouver quelque chose qui me corresponde, au moins à minima.