La robe rose de Frédéric Bazille (Musée d'Orsay)

Question inattendue posée par maritomio un soir de discussions animées. N'y voyez aucune méchanceté, mais simplement l'expression d'un étonnement de constater que parfois les choses semblent glisser sur moi comme sur les plumes d'un canard. Il y a quelques mois, j'aurais répondu assez facilement. Oui, je réfléchis. Suffisamment pour essayer de me comporter raisonnablement, de mener ma vie familiale, professionnelle et personnelle avec droiture, générosité et un soupçon de fantaisie. Mais pas plus. Par manque de temps essentiellement, par paresse aussi, et parce que j'ai besoin de connaître mon sujet pour m'exprimer et faire part de mes pensées.

Et puis, les choses ont été ce qu'elles sont. Mon licenciement il y a maintenant 6 mois, la période compliquée qui l'a précédée, et cette période qui l'a suivie de bilan professionnel, de recherche et de mise à nu de mes compétences, savoirs faire et savoir être, l'ouverture de ce blog, l'inscription au MOOC Gestion de projet, le permis... tout cela m'oblige à réfléchir. A chercher de l'information, à connaître mon sujet, à anticiper, à faire des choix... A me poser des questions. A mettre des mots sur des faits. Et surtout à les exprimer avec précision.

Quelles sont mes envies, mes passions ? Que suis-je prête à abandonner ou au contraire, qu'est-ce qui est prioritaire ? Quels sont mes projets ?  Toutes ces questions étaient bien sûr déjà au fond de mes pensées, mais pas avec cette accuité et cette mise en lumière. Quand on se retrouve face à soi même, que chaque jour il faut trouver l'occasion de sortir, de sortir de soi, d'aller au devant des autres encore plus que lorsque dans le quotidien métro-boulot-dodo cela s'imposait à vous, la réflexion profonde est incontournable mais pas toujours bien facile.

Mille chose vous viennent à l'esprit, mille directions qu'il faut prioriser et moi qui pensais être organisée et rigoureuse, je me retrouve avec ce magma d'idées, d'envies, de pistes et je ne sais plus par quel bout commencer. Je commence une recherche, me laisse distraire par une information, revient à ma recherche pour me rendre compte que finalement cela ne sert pas à grand chose. Se remettre en cause sans cesse et trouver une solution, une réponse, puis se remettre à son ouvrage.

Je ne suis pas encore une philosophe, cela n'est pas dans mon ambition, mais de plus en plus je cherche à creuser, à comprendre, à argumenter aussi. Bref à ne pas laisser la paresse et la peur du conflit étouffer ma vie et mon intelligence. 

On ne choisit pas forcément ce qui nous arrive, mais on peut toujours choisir la façon de réagir, d'avancer et de surmonter ces moments plus difficiles.