lire_neparspasavantmoi

Prise d'une frénésie de lecture, me revoilà pour le dernier compte-rendu de ma razzia à la bibliothèque. Pour ceux qui auraient suivi, j'avais pris également un livre de Richard Ford Indépendance. Mais pas vraiment eu envie de le lire à ce moment là, la traduction ne m'a pas convaincue et vous savez combien c'est important pour moi de lire un livre au bon moment. Donc retour direct chez Germaine (Tillion, la bibliothèque près du Trocadéro) avec ceux qui avaient eu, eux, la chance de me plaire.

Et pourquoi donc, en revanche, ai-je lu Ne pars pas avant moi ? Parce que Jean-Marie Rouart, parce que l'Académie Française, parce que jolie plume journalistique et parce que cela fait très longtemps que je voulais le lire. Il était disponible à la bibliothèque, c'était un signe.

Il s'agit d'un roman autobiographique dans lequel l'auteur, au fil de 3 grandes parties (La passion, la trahison et l'abandon), raconte par des chapitres alternés à la fois son initiation à l'amour, son interrogation sur les mystères de la destinée et ses rencontres littéraires et artistiques. On y croise ainsi François Nourissier, Jacques Vergès, Maurice Rheims ou Jean d'Ormesson.

La langue est belle, mais pour être tout à fait franche, je m'attendais à mieux, à plus flamboyant. Cela tient plus de l'article de journal que du discours de réception de l'Académie française.

Quelques extraits cependant pour peut-être vous convaincre de le lire : 

"Seule une rencontre a le pouvoir de changer la vie."

"L'alacrité de son propos, par une sorte de penchant naturel, virait à la causticité quand il ne frisait pas la méchanceté..." (à propos de Jean Guitton)

"L'humiliation était son carburant personnel. C'était aussi son empire : il régnait sur tous les humiliés." (à propos de Jacques Vergès)

"... car il cultivait l'art de jouir par toutes les ressources que la vie peut apporter à une nature sensuelle et un esprit esthète." (à propos de Maurice Rheims)

"[Ces conversations] étaient drôles et pourtant sérieuses, légères et profondes, repeignant le triste monde d'une lumière, la sienne, qui enchantait la vie." (à propos de Jean d'Ormesson)

"Avec lui, la littérature qui, avec d'autres, suinte si souvent l'ennui et les doctes démonstrations devenait une fête." (ibid)

"Souffrir, c'est apprendre beaucoup sur soi. C'est aussi comprendre les autres. [...] Solange avait élargi mon coeur."

Pour en savoir plus sur les origines du livre, un article de Paris Match très intéressant : http://www.parismatch.com/Culture/Livres/Jean-Marie-Rouart-simple-immortel-593932