Dans le TGV entre Le Creusot et Paris le 28 mars 2016

Après 2 mois et demi dans ma nouvelle entreprise, j'ai été convoquée la semaine dernière à un entretien d'étonnement. Voilà l'occasion de faire part, sans presqu'aucun filtre, de tout ce qui a pu me surprendre lors de mon arrivée et au cours de ces quelques semaines. Première réflexion d'étonnement : qu'est-ce qu'un entretien d'étonnement ? Après avoir consulté mon ami google, j'ai découvert ce principe de management venu du Japon. Le rapport d'étonnement permet en 3 à 10 pages de mettre le doigt sur ce qui de prime abord plaît, déplaît, étonne, ce qu'on voudrait changer dans l'organisation, les processus, les relations interpersonnelles. De se lâcher (un peu) face à son responsable et de dire en quoi ce qu'on a vu est formidable, épatant, bof bof ou carrément à revoir. 

L'étonnement, un joli mot qui sonne comme une déflagration suivie d'un peu de douceur. Une émotion, comme le dit mon autre amie Wikipédia, "causée par un événement ou une réalité qui conduit à se poser des questions du fait de son caractère inhabituel, inattendu, étrange, difficile à expliquer. Dans ses formes les plus intenses, on parle en français de stupéfaction ou de sidération."

Sait-on encore aujourd'hui s'étonner ? Contempler et s'émerveiller d'un paysage magnifique, regarder une fourmi transporter sa nourriture, un enfant jouer avec un carton ou s'émouvoir d'un geste tendre ou d'accueil. S'étonner, c'est parfois malheureusement aussi être sidéré par une méchanceté, une incronguité, une manifestation de la laideur ou de la vulgarité.  

Pour s'étonner il faut savoir regarder.. l'autre, les autres, la société, le monde mais soi, aussi. Regarder c'est savoir se poser, prendre le temps, être disponible, accueillir cet étonnement pour qu'il résonne en nous, qu'il fasse se confronter un savoir, une habitude et un événement. Il faut accepter d'être bousculé, chamboulé, de chercher à comprendre ou à contourner. Relever la tête de son téléphone, enlever ses écouteurs, regarder son voisin pour autre chose qu'un regard de haine ou d'agacement. 
Pour s'étonner, il faut savoir aussi observer, scruter, analyser. J'assistais l'autre jour à une des formations dispensées régulièrement à nos clients et le formateur terminait en disant que celui qui saurait trouver, traiter et analyser l'information serait riche d'une compétence rare. 

"Ne crains pas d'étonner ni de déplaire ; mais ne cherche jamais à étonner ou à déplaire."
André Gide, Conseils au jeune écrivain

(ps : billet un peu décousu, du à une écriture en trois temps... comme une valse  à trois temps Qui s'offre encore le temps. Qui s'offre encore le temps. De s'offrir des détours... comme le dit si bien Jacques Brel)