poissondamour

Sous le regard facétieux et passionné de Ciufetto et Chouchou, je rédige cette nouvelle petite chronique sur l'une de mes dernières lectures.
L'une, parce que je viens également de terminer Le Chant du monde de Jean Giono. On en parle plus tard. 

Revenons à notre Poisson d'amour, le premier livre de Didier Van Cauwelaert que je lis. Pour une fois, je ne sais plus très bien qui m'a donné l'idée de lire un de ses livres. Je me souviens juste d'avoir entendu qu'ils étaient bourrés d'humour et n'y connaissant rien, j'ai pris celui-ci un peu par hasard. J'ai découvert après que ce livre obtint le prix Roger Nimier 1984.

Histoire d'amour étrange, totalement décalée, entre Philippe, jeune désoeuvré et Béatrice, basketteuse et riche d'une histoire familiale peu banale. Où comment chacun accepte de rentrer dans l'histoire de l'autre, pour le pire et le meilleur, pour l'amour et l'espérance d'enfin vivre leur vie.
Une très belle lecture terminée à l'ombre d'un rosier au fin fond d'une oliveraie de l'arrière-pays niçois. 

"Il y a des gens qui ne partent jamais, et qui vont rêver dans les aéroports. Moi, je n'achète rien, et depuis trois mois je passe mes jeudis à la salle des ventes." (page 9)

"ll ne s'est pas passé grand chose, dans ma vie - en fait, il n'est passé personne." (page 19)

"Je ne suis pas heureux, mais je ne sais pas souffrir. Alors je n'embête personne et généralement les gens m'envient, ce qui est toujours une consolation. [...] J'étais un enfant gâté, je suis un garçon mûr, je serai un vieillard vert. Le temps passe vite, quand on ne change pas." (page 21)

"Le bonheur me rend pataud, l'échec ne me vaut rien ; ce qui me réussit le mieux, c'est d'attendre." (page 33)

"C'est drôle, j'ai envie de te donner ce que j'ai perdu." (page 61)

"Vous savez vous taire, ce qui est une qualité si vous êtes idiot, et si vous ne l'êtes pas, c'est une vertu." (page 80)

"Elle m'avait trop manqué; à présent elle était de trop, elle n'avait pas sa place dans mes souvenirs." (page 115)

"Ne t'inquiète pas, Béatrice : je suis fait pour attendre. Je n'ai jamais sur vivre ce que j'avais sous la main, dire ce que j'ai sur le coeur, être celui qui s'en va. Mais j'ai le temps de mon côté. Je ne sais garder les gens que lorsqu'ils sont partis." (page 187, dernière phrase).

Poisson d'amour
Didier Van Cauwelaert
Seuil, 1984; 187 pages