Dalva

"Aujourd'hui, ou plutôt hier, il m'a dit qu'il importait de ne pas accepter la vie comme une approximation brutale."

Tout est dit dans cette première phrase de Dalva de Jim Harrison, dont on dit qu'il s'agit sans doute de son chef-d'oeuvre. J'aurais aimé plonger totalement dans cette histoire, suivre Dalva dans son parcours de mémoire autour de son amour pour Duane, l'histoire de ses enfants, de sa famille au coeur du peuple sioux. J'aurais tant voulu avoir un nouveau livre de référence tant dans le souffle de l'épopée que dans la qualité de l'écriture. Je n'ai finalement accroché qu'avec le style (et encore, j'ai parfois un peu buté)... la rencontre ne s'est faite qu'à moitié... ce qui est doublement décevant.
Oh, je sais bien que certains vont se demander si on a lu le même livre. Je suis aussi désolée qu'eux. Mais c'est ainsi. Sachez pourtant que cela ne va pas m'empêcher d'essayer un autre livre de Jim Harrison. Après tout, j'ai toujours détesté Le lion de Joseph Kessel et place Les cavaliers du même auteur comme ma référence, le chef-d'oeuvre absolu.

Pour ceux qui voudraient se faire une idée par eux-même, voici quelques extraits : 

"L'enfance est un Eden souvent violent." (page 27)

" [...] j'ai sombré dans une très longue période d'absence infiniment reposante, ou j'avais l'étrange sensation de comprendre la terre." (page 93)

"Dehors, sur le balcon, j'ai songé que certaines souffrances étaient vraiment trop ambitieuses." (page 104)

"- Tu crois au ciel et à l'enfer ?
- Nom de Dieu, Dalva, je suis ton père depuis moins de vingt-quatre heures... Commence par des questions plus faciles." (page 146)

"Par la force des choses, presque toutes les existences sont d'une simplicité déconcertantes ; réfléchir à Spinoza en pissant risque de vous faire râter la cuvette." (page 239)

"Comme tant d'écrivains, j'ai beaucoup lu sur les errements de la luxure, sujet aussi complexe que l'histoire de l'Italie." (page 285)

"Midi approchait, tous les oiseaux de la terre s'étaient tus et notre musique était celle de nos coeurs et de nos souffles." (page 296)

"... cette saine maxime : ce n'est en continuant de faire ce qu'on connait qu'on pourra faire ce qu'on ne connait pas." (page 416)

" Je me suis couchée en chien de fusil pour regarder par la fenêtre la cîme des érables à sucre qui oscillait doucement dans la pluie. Je me suis mise à respirer au rythme d'une cigale queu j'avais choisie parmi d'autres, et cela m'a aidée." (page 418)

Dalva
Jim Harrison
10/18 (Christian Bourgeois Editeur), traduit par Brice Matthieussent  ; 507 pages