lesbraises

Quelle lecture ! Quel souffle ! J'ai découvert ce livre sur Instagram (est-ce sur le compte de Tatiana de Rosnay... il faudrait que je vérifie) et j'ai passé 3 jours extraordinaires, au coin du feu avec Henri et Conrad, dans cette grande demeure de la campagne autrichienne.

Voilà comment Albin Michel présente ce roman "A travers la dramatique confrontation de deux hommes autrefois amis, Les Braises évoque cette inéluctable avancée du temps. Livre de l'amitié perdue et des amours impossibles, où les sentiments les plus violents couvent sous les cendres du passé, tableau de la monarchie austro-hongroise agonisante, ce superbe roman permet de redécouvrir un immense auteur dont l'oeuvre fut interdite en Hongrie jusqu'en 1990." 

"Son visage ridé et rose se faisait vieux à la façon des très vieilles étoffes, des soieries anciennes dans lesquelles l'habileté manuelle et les rêves de toute une famille se trouvent intégrés." (page 13)

"La musique, il l'écoutait avec son corps, il l'absorbait, comme assoifé. Il l'écoutait comme le prisonnier écoute le bruit des pas qui approchent et apportent, peut-être, la nouvelle de la délivrance. Il n'entendait plus rien d'autre, tout disparaissait, absorbé par la musique. Dans cet état, Conrad n'était plus militaire." (page 44)

"Pourtant, au-delà des femmes et du monde, s'était affirmé en eux un sentiment plus fort que tous les autres. Seuls les hommes connaissent ce sentiment. Il se nomme amitié." (page 55)

"L'amitié ne peut être déçue puisqu'elle ne réclame rien. [...] L'amitié véritable est une chose héroïque, un acte de bravoure sans cliquetis d'armes, mais courageux néanmoins. Elle est muette comme le comportement des hommes qui ne connaissent pas l'égoisme." (page 120)

"Une chose est pire que n'importe quelle souffrance, c'est la perte de l'estime de soi." (page 170)

Les braises 
Sándor Márai
Albin Michel, traduit par Marcelle et Georges Régnier ; 188 pages