Première série de livre... il en manque 3 !

Comme vous le savez (ou pas d'ailleurs), j'ai été sélectionnée pour faire partie du jury de 15 téléspectateurs pour désigner le Prix Essai France Télévisions. J'ai appris cela en début de semaine avec une très grande joie, un peu de crainte et une grande responsabilité. J'avais envie de vous partager la lettre qui m'a permis d'accéder à cette aventure et d'envisager de belles rencontres littéraires avec des écrivains moins fréquentés.

Candidature à la félicité … ou pourquoi je souhaite devenir membre du jury des prix littéraires France Télévision

Cela n’est pas raisonnable, mais je vous écris alors que je regarde « La Grande librairie » de François Busnel avec Daniel Pennac et Karol Beffa (Christian Bobin, un auteur merveilleux, vient d’arriver… nous voilà maintenant dans une librairie d’Autun… la Bourgogne, ma région maternelle de cœur. Et merci à Lambert Wilson pour ses explications sur la lecture en train). Mon fils de 6 ans vient de s’endormir après avoir lu à voix haute le livre que sa maîtresse lui a confié aujourd’hui. Vous auriez vu son regard brillant de fierté et de joie. Ses recommandations pour ne pas l’abîmer et son bonheur de nous lire, à son frère et moi, la toute première page.

J’aimerai ne jamais perdre ce regard, cet enthousiasme, cette curiosité, cette disponibilité à la rencontre. Car la lecture est avant tout une rencontre.  D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours vécu entourée de livres. Des parents, des grands parents férus de littérature, de lecture, de partage. Des bibliothèques jusqu’au plafond, sentant le vieux papier et l’humidité, des classiques et des polars, Agatha Christie côtoyant Pierre Benoist, Exbrayat et Alexandre Dumas. Un premier souvenir intense de lecture avec Voyage au centre de la terre de Jules Verne emprunté à la bibliothèque municipale en sortie scolaire. Mon institutrice me donnant pour mission de convaincre une camarade ne lisant pas de choisir un livre.

Je me souviens de ma grand-mère paternelle qui ne nous donnait jamais un livre sans l’avoir lu… et annoté. Des corrections orthographiques et grammaticales, mais aussi des rectifications historiques, des coups de sang ou envolées d’indignation. A la fin de chaque vacance, nous avions le droit de repartir avec un livre. N’importe lequel, sauf ceux ayant appartenu à mon grand-père. Ceux-là, nous disait-elle, je laisse le soin à vos parents de se les partager à ma mort.

La lecture, le livre est donc aussi pour moi une histoire de vie, de mort, de survie. Je peux ne pas me laver les dents au coucher, ne pas lire quelques pages m’est totalement impossible. Quelle que soit l’heure, quel que soit mon état de fatigue. Partir quelque part sans un livre me met mal à l’aise. Et parfois je remercie le ciel d’habiter Paris et d’avoir un peu de transport pour aller travailler… c’est l’assurance de pouvoir avancer ma lecture. Quitte à manquer mon arrêt de tramway comme cela m’est arrivé la semaine dernière.

Assez ouverte et curieuse, je lis un peu de tout, si possible en langue originale quand c’est possible. Je lis en ce moment Storia del nuovo cognome d’Elena Ferrante (je viens d’entendre que Daniel Pennac l’aime beaucoup). Cette langue italienne me réchauffe le cœur. Juste avant, j’ai été embarquée par le dernier livre de 1Q84 d’Haruki Murakami. Et totalement renversée par Réparer les vivants de Maylis de Kerangal… et profondément déçue par Le liseur de 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent. Plus avant, j’ai lu, relu et relirai avec passion Les cavaliers de Joseph Kessel.

Je ne lâcherai jamais Giono, Dumas, Paasilinna et d’Ormesson. Lao She et le commissaire Montalbano d’Andrea Camilleri. Jim Harrison et Didier Van Cauwelaert.

Devenir membre du jury des prix littéraires de France Télévision me permettrait de découvrir encore plus la littérature contemporaine, de faire de belles rencontres et de les partager. Le partage enfin de mes lectures, je le fais sur mon blog sous le nom de Plume parisienne.

Enfin, c’est une aventure déjà plus ou moins vécue avec joie et gourmandise, en tant que membre du Grand prix du jury des lectrices de Elle en 2008. Et la lectrice que je suis devenue aimerait tant pouvoir revivre cette aventure.