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Sur les chemins noirs... de la lecture parfois et du temps qui passe. Voici enfin mon premier compte rendu de lecture, sur le premier essai lu dans cette course de fond d'un mois. 

Ma première impression a été plus que mitigée, j'ai même été un peu déçue (c'est l'un des deux livres que j'avais vraiment envie de lire avant de savoir que je ferai partie de ce jury). Je ne sais pas trop où Sylvain Tesson voulait en venir en écrivant ce livre. Quelque chose de très profond et personnel qui m'a échappé sans doute.

C'est pour moi un livre trop bavard, beaucoup trop pour quelqu'un qui cherche à quitter l'agitation du monde, à "échapper au dispositif". Trop intellectuel, trop de références... comme si finalement cette nouvelle et retrouvée liberté de mouvement avait aussi ouvert les vannes de la pensée littéraire. Et puis au fur et à mesure des kilomètres, des souffrances physiques ou morales, le regard se fait plus géographique (et mes études d'histoire-géographie surgissent à l'improviste), beaucoup plus personnel aussi. 

Première phrase : Pourquoi le TGV menait-il cette allure ?
Dernière phrase : De quoi se plaindre ?

Vous l'aurez compris : un essai de questionnement

Quelques extraits pour vous faire une idée : 

"Ces proches voulaient toujours que l"on se voie", comme s'il s'agissait d'un impératif, alors que la pensée offrait une si belle proximité." (page 19)

"Certains hommes espéraient entrer dans l'Histoire. Nous étions quelques uns à préférer disparaître dans la géographie." (page 34)

"N'ayant en moi ni la violence du saboteur, ni le narcissisme de l'agitateur, je préférais la fuite." (page 42)

"Les vignes rendraient bientôt en gaieté ce qu'elles avaient raflé en lumière." (page 65)

"Je leur [les chemins noirs, visibles sur les cartes au 25 000ème] avais demandé de m'ouvrir les brèches d'une France rurale, d'apprendre à me cacher, de me remettre en branle." (page 97)

"On se serait inspiré du génie de la haie. Elle séparait sans emmurer, délimitait sans opacifier, protégeait sans repousser." (page 136)

"Demain s'ouvraient de nouveaux chemins noirs : ceux que je devais inventer, hors du 25 000ème. [...] Toute longue marche a ses airs de salut." (page 140)

En conclusion, un livre qui nécessite d'être disposée à sa lecture que je recommande malgré tout.

Sur les chemins noirs

Sylvain Tesson
Gallimard, 144 pages