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De loin, c'est le plus ardu de tous les ouvrages. Mais pas le plus inintéressant, au contraire. Probablement celui qui m'a fait le plus réfléchir... autant que cela était possible dans le tramway, lieu principal de lecture. Et un petit bémol de mise en forme : les notes en fin d'ouvrage, franchement, ce n'est pas pratique ; j'avais l'impression du coup de perdre certaines informations (pour ceux qui veulent en savoir plus sur l'usage, cliquez ici).

Un proverbe persan dit "Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles."  Et qu'en pense l'auteur ?

"Lorsque je me demande ce que je fais là, il est trop tard ; ce "là", coeur de la nuit ou petit matin, je le vois déjà avec les yeux du jour." (page 9)

"Pour entrer dans un devenir-hibou, l'homme a paradoxalement besoin de quelques éclairages." (page 31)

"Il  n'y a pas de lumière diurne sans pénombre qui la borne." (page 85)

"De nuit, la distinction entre un peuple policé [...] et une foule désordonnée [...] n'a plus rien d'évident." (page 98)

"Il ne faut pas donc pas dire que la nuit empêche de voir, ni qu'elle abolit toute conscience. Il faut dire, au contraire, qu'elle est un "fond" qui permet au sujet de percevoir les couleurs et les lumières autrement qu'en plein jour. " (page 128)

"En se retirant, la nuit ne se contente pas de les [corps] montrer : elle montre sa lumière à travers eux." (page 145)

"La nuit et le jour sont les dimensions cosmiques du temps humain." (page 158)

Première phrase : "Souvent je me demande ce que je fais encore là."
Dernière phrase : "L'homme est un être capable d'éclipses."

La nuit. Vivre sans témoin
Michaël Foessel
Autrement, 158 pages