Flamands_roses

D'après le dictionnaire Larousse les vacances sont une "Période légale d'arrêt de travail des salariés, pendant laquelle de nombreuses personnes se déplacent." Période d'arrête de travail... ce qui suppose qu'on a travaillé. Ce qui n'est pas mon cas. J'ai recherché du travail, tenté de passer le permis de conduire, suivi un MOOC, passé de nombreux entretiens mais je n'ai pas travaillé comme salarié. On pourra toujours tenter de me faire croire le contraire, me dire que je ne suis pas au chômage mais à l'écoute du marché ou encore mieux d'opportunités, me féliciter pour mon activité (qui souvent cache aussi un peu d'angoisse inavouée) et me dire que je trouverai sans problème, qu'il faut juste être patient, je n'ai pas travaillé.

Pas sué sang et eau pour un métier passionnant ou subi les foudres et les paranoias d'un manager un peu tyrannique, pas tremblé devant chaque grève sur le RER ou prié pour que la baby-sitter récupère les enfants à l'heure, encore moins eu le stress du dimanche soir ou la joie d'un bon repas entre collègues. Pas de présentation à terminer à 23h45 ou de satisfacation d'un travail bien accompli. 

Mon conseiller Pôle Emploi ou la consultante qui m'accompagne ont beau me dire que je mérite des vacances, que je n'en aurai probablement pas ou pas autant l'année prochaine, je n'arrive pas à en profiter. Il y a toujours au fond de moi cette culpabilité qui me taraude. Cette impression permanente dont j'ai déjà parlé ici, et désolée si cela revient, mais ce sont les aléas de la vie, que je ne suis ni en vacances ni au travail. Que ce gris qui me désespère dans la vie de tous les jours constitue la seule couleur de ma non vie professionnelle. Comme ces flamands roses qui ne vivent souvent que sur une seule de leur patte, je me sens fragile, ne vivant que sur ma "patte" personnelle. L'autre patte est pourtant là, mais si peu utilisée.

Heureusement, j'ai la chance d'avoir un tempérement profondément optimiste. Je sais que j'ai des compétences, voire quelques talents, que je finirai par trouver le travail que je mérite et qui m'épanouira (je sais, c'est peut-être beaucoup demander). Ce blog même est un petit succès pour moi. Une réalisation valorisante. En attendant, il faut vivre avec cette sensation sinon pénible, du moins toujours latente, qu'il me manque un petit bout de vie. 

Ce qui ne m'empêchera pas de vous souhaiter à toutes et tous de très belles vacances, riches, surprenantes et surtout telles que vous les souhaitez. Que vous ayez travaillé... ou pas !