Après un mois de lectures d'essais et la remise du Prix France Télévisions le 23 mars dernier, je me suis ruée sur des romans, plein de romans.  Avec un besoin de me raconter des histoires, de pleurer, rire, espérer, danser, m'interroger aussi... avec comme seul objectif le plaisir de la lecture !

Ainsi, depuis le 24 mars j'ai lu : 
- En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut 
- Plus tard, je serai un enfant d'Eric-Emmanuel Schmitt... ah tiens, c'est vrai, ce n'est pas un roman. On ne peut pas quitter les essais aussi vite ;-) !
- Epépé de Ferenc Karinthy
- Le guerrier pacifique de Dan Millman (en cours)

Revenons donc à En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut, Prix Roman France Télévisions 2016 et offert par France Télévisions le 23 mars lors de nos délibérations. J'avais très envie de le lire depuis sa sortie. La personnalité de l'auteur m'avait assez fascinée lors de son passage à La Grande librairie. 

en attendant bojangles - Olivier Bourdeaut

Quelle claque que ce roman en forme de danse jubilatoire, un pas en avant dans la dinguerie, la loufoquerie, un pas en arrière vers la mélancolie et la souffrance. Au rythme de la chanson Mr. Bojangles de Nina Simone. L'enfant narrateur raconte sa vie peu ordinaire, voire totalement barrée, entre son père Georges, sa mère au multiple prénom sauf le 15 février où elle s'appelle Georgette, Mademoiselle Superfétatoire un oiseau aussi gracieux que présent et exigeant et l'Ordure, un sénateur dont le père disait "qu'il sautait sur toutes les occasions. Parfois ça marchait, donc il partait sauter les occasions dans sa chambre."

Des parents qui font vivre à leur fils une vie de folie, de soirée et d'école buissonnière et voilà comment la mère justifie l'absence de son fils "Là-bas, les amandiers sont en fleur, vous ne voulez quand même pas que mon fils rate les amandiers en fleur ! C'est son équilibre esthétique que vous allez faire vaciller." Ou alors son apprentissage des mathématiques "ils me déguisaient avec des bracelets, des colliers, des bagues qu'ils me faisaient compter pour les additions, et après ils me faisaient tout enlever, jusqu'au caleçon pour les soustractions. Ils appelaient cela "le chiffre-tease", c'était d'un tordant."

Mais voilà, la vie et ses folies ramène doucement mais inéxorablement cette famille vers la folie de la mère "Parfois, elle se lançait dans de folles entreprises avec un enthousiasme surprenant. Puis l'enthousiasme s'évanouissait, les entreprises aussi, seules les suprises demeuraient." Une mère consciente de son état "De toute façon, j'ai toujours été un peu folle alors un peu plus, un peu moins, ça ne va pas changer l'amour que vous avez pour moi, n'est-ce pas ?" et un père qui en parle avec tendresse à son fils  "Tu sais, fiston, Suzon a beaucoup d'imagination, elle joue avec tout, même avec sa filiation, mais dans l'arbre, ta maman, ce sont les racines, les feuilles, les branches et la tête en même temps, et nous, nous sommes les jardiniers, nous allons faire en sorte que l'arbre tienne debout et qu'il ne finisse pas déraciné...". 

Un amour fou, jusqu'à leur dernière danse "Jamais je ne les avais vus danser comme ça, ça ressemblait à une première danse, à une dernière aussi. C'était une prière de mouvements, c'était le début et la fin en même temps."

C'était un sublime un roman !